MéthodeIntermédiaire

PEG : un PER élevé est-il cher ou justifié ?

Un PER de 40 n'est ni cher ni bon marché en soi : tout dépend de la croissance. Comment je lis le PEG, et pourquoi mes seuils sont à 1,5 et 2,5.

21 juillet 2026·4 min de lecture
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« Cette action se paie 40 fois ses bénéfices, c'est beaucoup trop cher. » Cette phrase, je l'entends souvent, et elle ne veut rien dire tant qu'on n'a pas posé la question suivante : à quelle vitesse cette entreprise grandit-elle ?

Le problème que le PEG résout

Le PER, le rapport entre le cours et le bénéfice par action, est l'indicateur de valorisation le plus connu et le plus mal utilisé. Pris seul, il ne distingue pas une entreprise qui stagne d'une entreprise qui double ses bénéfices tous les quatre ans. Or les deux ne méritent évidemment pas le même multiple. Un PER de 40 est absurde pour une croissance de 5 %, et potentiellement bon marché pour une croissance de 30 %.

Le PEG - Price/Earnings to Growth remet le PER dans son contexte de croissance. C'est le chaînon qui manque au PER seul.

Comment je le calcule

PEG = PER / croissance des BPA

La croissance des bénéfices par action s'exprime en nombre, pas en pourcentage : pour une croissance de 20 %, je divise le PER par 20. Un PER de 30 avec une croissance de 20 % donne un PEG de 1,5. Le même PER de 30 avec une croissance de 10 % donne un PEG de 3. Même prix affiché, mais deux réalités opposées une fois la croissance prise en compte.

Pourquoi mes seuils sont à 1,5 et 2,5

La règle classique fixe le seuil du PEG à 1. Je la trouve trop sévère pour les entreprises de qualité, qui se paient rarement aussi bon marché : le marché connaît leur valeur. Je relâche donc le curseur.

En dessous de 1,5, je considère que la croissance paie le prix demandé, le multiple est raisonnable au regard du rythme de progression. Entre 1,5 et 2,5, je reste ouvert, à condition que la qualité soit exceptionnelle et la croissance bien visible. Au-dessus de 2,5, je me méfie : je paie la croissance très en avance, et la moindre déception se traduira par une lourde correction.

La limite à garder en tête

Le PEG a un angle mort dangereux : il dépend entièrement du taux de croissance que je place au dénominateur, et ce taux est une prévision. Si je retiens une croissance optimiste, je fais paraître bon marché une action qui ne l'est pas. Une croissance élevée mais fragile, portée par un produit unique ou un effet temporaire, gonfle artificiellement le dénominateur et écrase le PEG. Je me méfie donc des PEG flatteurs construits sur des croissances que rien ne garantit dans la durée. Un beau ratio bâti sur une prévision fragile reste un mauvais repère.


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