MéthodeIntermédiaire

Momentum 52 semaines : mon garde-fou anti couteau qui tombe

Au-dessus de 70 % du plus haut 52 semaines j'entre normalement, sous 50 % j'élimine, quelle que soit la qualité fondamentale. Pourquoi je respecte le prix.

11 août 2026·4 min de lecture
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La meilleure analyse fondamentale du monde ne rattrape pas un cours en chute libre. J'ai appris à respecter le prix, même quand mon tableur me dit que l'entreprise est magnifique. Mon filtre de Momentum est là pour ça.

Le problème que ce filtre résout

Une entreprise de grande qualité dont le cours s'effondre est une tentation dangereuse. Tout mon travail fondamental me crie « c'est une affaire », et je suis tenté d'acheter dans la baisse. Le problème, c'est que le marché sait parfois quelque chose que mes chiffres n'ont pas encore intégré : une thèse qui se brise, une dégradation que les comptes ne montreront que dans plusieurs trimestres. Acheter un cours qui chute sans plancher, c'est tenter de rattraper un couteau qui tombe.

Ce filtre m'impose une discipline : ne pas confondre une décote avec un effondrement.

Comment je l'applique

Je situe le cours par rapport à son plus haut des 52 dernières semaines, et je le classe en trois zones.

Au-dessus de 70 % du plus haut, l'entrée est normale : le titre consolide ou progresse, rien ne s'oppose à l'analyse fondamentale.

Entre 50 et 70 % du plus haut, je ne déclenche rien automatiquement. Je tolère cette zone seulement si le dossier est exceptionnel, avec un score de Moat (avantage concurrentiel) d'au moins 17 sur 19, et encore, en simple surveillance, pas en achat.

En dessous de 50 % du plus haut, j'élimine, quelle que soit la qualité fondamentale. Aucune note de qualité ne me fait franchir cette ligne.

Pourquoi ces seuils

La logique est une logique d'humilité face au marché. Plus un titre s'éloigne de son plus haut, plus la probabilité augmente qu'une information négative que je n'ai pas encore comprise soit en train de se diffuser. Le seuil de 50 % est ma ligne de sécurité : en dessous, l'ampleur de la baisse rend trop probable une rupture réelle de la thèse, et je refuse de parier contre le marché sur ce terrain. La zone intermédiaire, réservée aux dossiers d'exception, reconnaît qu'un très bon dossier peut parfois être injustement massacré, sans pour autant m'autoriser à foncer.

La limite à garder en tête

Ce filtre m'évite des catastrophes, mais il a un coût : il me fera rater certains rebonds spectaculaires. Une entreprise solide injustement punie peut repartir de très bas, et mon filtre m'en aura tenu écarté. Je l'assume. Je préfère manquer quelques belles reprises plutôt que de m'exposer à la poignée de chutes qui ne se sont jamais retournées. Ce n'est pas un outil de timing, je ne cherche pas à acheter le point bas. C'est un garde-fou qui retire de la table les situations où le risque d'erreur est le plus élevé. Il protège mon capital, il ne le fait pas fructifier à ma place.


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